Vers la contrathèque "Idéale" !

Venus d'un monde de la location de micro-ordinateurs où les processus contractuels sont complexes et vitaux, les deux co-fondateurs de Deal-Force font le pari d'offrir un nouveau service, basé sur la dématérialisation et la sécurisation desdits processus. La technologie se met ici au service du business, en toute simplicité pour l'utilisateur. Un exemple à suivre?

 

Vingt-cinq à trente pourcent des contrats ne sont pas valables ou suffisamment à jour pour "tenir" dans un contexte juridique. Ne cherchez pas cette statistique dans une quelconque étude de marché. Elle n'intéresse pas les cabinets. Et pourtant! Elle devrait passionner tous ceux qui s'échinent à convaincre des clients, à réaliser des prestations, à vendre des produits. "Ce sont les avocats qui la fournissent" nous explique Hervé Lescure, PDG et co-fondateur de Deal-Force, une jeune société qui se positionne justement sur ce business du contrat. "Elle est tellement vraie que lorsqu'il se lance sur une affaire, un avocat commence toujours par demander à la partie adverse les copies des contrats en sa possession. Car leur absence fréquente va souvent faciliter le passage à une phase de transaction".

 

Les raisons de cette invalidité des contrats sont diverses. Il y a d'abord la multiplication des intervenants dans le processus de signature, qui peut conduire à ce que certains paraphes manquent. Puis la légitimité du signataire: le paraphe d'une secrétaire n'a peut-être pas de valeur, s'il n'est pas associée à une délégation de signature valide, attestée par le mandataire social, seul détenteur initial de cette légitimité. Il y a encore la ribambelle éventuelle d'avenants. Ou encore le problème de l'archivage (où est ce contrat et dans quel état ?).

 

"Dans le monde de la location d'ordinateurs, d'où nous sommes issus, cette question des contrats s'avère très compliquée" explique l'autre fondateur de Deal-Force, Serge Baranes. "Nous avons notamment de multiples intervenants, entre le loueur, le client, les partenaires fournisseurs et les banquiers. Mais aussi de nombreux avenants, pour des sommes et des prestations parfois minimes. Et puis, comme ailleurs, les contrats sont traités en bout de chaîne commerciale, de façon parfois désinvolte". Des remarques qui concernent tous les secteurs de l'économie (assurances, banques, industrie, luxe, etc) où le contrat régit le quotidien.

 

Vers la « contrathèque » électronique

 

Fort de ce constat, les deux associés ont eu l'idée de construire une solution originale, en l'occurrence un service autour de la dématérialisation et de l'archivage à valeur probante des contrats. L'idée majeure consiste à supprimer le papier dans le processus, car il crée des ruptures dans un workflow qui ne demande qu'à être parfaitement huilé par ailleurs. Et l'objectif final est d'offrir à l'entreprise une "contrathèque" à jour, facile à utiliser et à faire évoluer. Cryptolog est partenaire de Deal-Force. “En tant que première autorité à avoir reçue la certification RGS à l’échelle européenne pour la qualité de son horodatage, elle nous garantit l’authenticité des documents traités” poursuit Serge Baranes.

 

Concrètement, le client de Deal-Force, une fois inscrit et référencé sur la plateforme, va pouvoir lancer un workflow qui associera des personnes signataires, des documents, mais aussi des alertes - portant par exemple sur les dates de renouvellement tacite, ou des fins de période d'archivage obligatoire. La plateforme se charge alors de créer puis d'envoyer une enveloppe mail au client, qui peut choisir de signer avec ses propres certificats ou avec ceux proposés par Deal-Force. "Les points clés sont l'horodatage et l'encryptage. Nous nous appuyons sur Cryptolog pour les garantir. Par ailleurs, nous avons un partenariat avec CDC Arkhineo pour le service d'archivage à valeur probante" explique Serge Baranes.

 

Le service ne semble pas onéreux puisqu'il revient entre 3 et 6 euros par contrat, avec des frais d'inscription sur la plateforme et d'archivage en sus. De quoi séduire des services juridiques souvent noyés par la paperasse. Mais ne sont-ils pas réticents sur la solidité juridique du processus justement? "Entre un client et un fournisseur, les problèmes ne naissent pas des contrats mais de la réalisation de la prestation" tient à rappeler Hervé Lescure. Du coup, il estime qu'il appartient aux entreprises de définir leur niveau de sécurité. "Si elles pensent en avoir besoin, elles peuvent utiliser un certificat de niveau RGS3". Et concernant la réversibilité? "Nous avons une garantie par l'intermédiaire de CDC Arkhineo, c'est à dire la Caisse des Dépôts. Cela rassure nos clients".

 

Depuis la mise en place de la plateforme les premières réactions des entreprises approchées s'avèrent positives, nous assurent les deux fondateurs.

On peut leur souhaiter bonne chance, tant le service proposé semble utile et simple d'usage, tout en embarquant des solutions de dématérialisation et de sécurité sophistiquées.

Sa transversalité et sa perception aisée par les "métiers" - des ventes, du juridique ou même de la production - tranche avec la "silo-i-sation" tant de fois constatée lorsque l'offre est poussée par la technologie, ce qui conduit le client à devoir assembler lui même les briques de sa solution. Au minimum une alternative prometteuse pour le développement et la démocratisation de la Dématique...

 

FedISA

Article de presse